Abners et voiture

Publié le par Francois Lionet

Parallement à la programmation d'Abner, je sortais avec les copines de Jim, et Jim lui-même. Nous nous rendions souvent dans un club de sport proche de la maison de la mêre de Jim. Un jour, alors que nous nous reposions sur des chaises longues sous le soleil du Colorado, nous entendons parler Français à coté de nous. Nous levons l'oreille. Et j'entend quelqu'un dire qu'il est le fils de Jean Lefebvre. Jean Lefebvre, acteur très populaire dans les années 60-70 était également mon cousin. J'avais donc rencontré à des milliers de kilomètres de la France, un cousin direct.
Nous prenons contact. Très sympa, son nom est Khéna (un nom de scène comme je l'apprendrais plus tard). Sa mêre faisait partie d'un genre de secte catholique très pratiquante, et était à l'époque résidente à Colorado Springs.
La secte de sa mère était implantée dans les montagnes, juste à la limite de la grande plaine Américaine, dans un endroit sacré pour les Indiens. Il faut dire que l'endroit était superbe, avec les montagnes rocheuses surplombant la grande plaine.
Khéna me proposa de me lever tôt un matin pour voir le lever du soleil sur la plaine. Avec la voiture de Felicia, je me rendais à 5 heures du matin dans les bâtiments de la secte. Khéna me guida à travers les montagnes jusqu'au haut d'un rocher surplombant la grande plaine. Nous étions, les jambes ballantes, avec une vue plongeante sur tout l'Est des Etats Unis. Le soleil se levait, il faisait bon, c'était le matin. C'était une expérience incroyable, fantastique, inoubliable.

Le 6 Juillet était le jour de mon anniversaire. Jim et moi invitions tout l'orchestre pour une soirée barbecue chez Felicia. L'orchestre était composé de plusieurs personnes de différentes origines. La personne que j'aimais le moins était Robert, le bassiste. Peu sympa, complètement barré, il était difficile de sympathiser avec lui.
Nous invitons cependant tout l'orchestre pour l'anniversaire, sans penser qu'il viendrait également. Les premiers musiciens se présentent, et offrent des cadeaux sympa. Puis arrive Robert. Il amène une caisse complète d'alcool, alors que personne ne boit vraiment. La soirée se passe bien malgré les remarques salaces et constantes de Robert. Vers la fin de la soirée, il me demande, devant Félicia, si il y avait de l'herbe dans la maison. Je lui répond "May be later".
Inutile de dire que Félicia était choquée (même si son fils était un fumeur d'herbe de première mesure).
J'ai compris pendant cette soirée que l'herbe était complètement implantée dans la vie de bon nombre d'Americains. Au point qu'elle était devenue banale pour eux. Dans un pays ou la prohibition de la drogue est la plus dure du monde. Intéressant.

Pour me déplacer pendant cet été agité, j'utilisais la voiture de Félicia. Un peu inquiète, elle se renseigna auprès de son assurance : je n'étais pas couvert. Je me retrouvais donc cloué dans le garage avec mon Commodore 64, sans pouvoir aller au club de sport ou chez Khéna. Je pouvais cependant prendre le bus pour me rendre Downtown. Les bus Américains sont un moyen de transport utilisé par tous les désérités. Handicapés, clochards, fous... les bus en sont remplis. Il me fallait un autre moyen de transport.
Je décidais donc de m'acheter une voiture pour $500 environ. Je regardais les annonces, me rendais chez des particuliers sans trouver de bonne voiture pour le prix.
Un jour, je vais voir un Chevrolet de sport. Je vois la voiture dans le parking. Elle ressemble beaucoup à la ruine que nous avons utilisé pour venir à Colorado Springs. Je me rend dans l'immeuble, et sonne chez le particulier qui veut la vendre. Il s'agit d'un indien. Il me fait voir la voiture, qui est dans un état lamentable. Il faut utiliser un produit dans le carburateur pour la démarrer. Je le quitte sans rien promettre.
Il me rappelle, je décide d'y retourner. Il avait nettoyé la voiture pour la rendre plus présentable. Et la, sans que je comprenne pourquoi, j'achète cette ruine. Je ne comprend pas pourquoi j'ai fait cela, encore aujourd'hui. Je devais être hypnotisé, je n'aurais jamais dans un état normale acheté une telle épave.
Je rentre chez Félicia. Félicia est très dubitative (avec raison) face à mon achat.
Le lendemain, j'essaye de la démarrer. Impossible. Je passe 30 minutes à essayer de faire partir le moteur. J'appelle alors un des membres de l'orchestre qui était également mécanicien. Diagnostic : arbre à came cassé! Cette voiture, qui m'aura couté 500 dollars était cassée après un trajet de 3 kilomètres.
Non seulement je devais payer le prix de l'enlèvement de l'épave, mais je devais également faire face aux sourires narquois de Félicia et de Jim. Quelle honte! Le pire achat de voiture de toute ma vie.

Je continuais à programmer Abners. Le premier niveau avec les crocodiles terminé, je m'attaquais au deuxième niveau : David contre Goliath. David faisait face à Goliath. L'écran présentait David de dos, face à Goliath au loin. En manoeuvrant le joystick convenablement, vous pouviez envoyer la pierre est assommer Goliath 
Les gestes à faire au joystick me semblaient simples : il suffisait de faire tourner le joystick pour faire tourner la fronde de David. Hélas, je ne me rendais pas compte que le jeu était effectivement très difficile.

Le dernier niveau représentait la ville de Jéricho. Le joueur, et son équipe, se trouvait autour des rempards avec des trompettes. Il fallait utiliser le joystick convenablement pour faire tourner les trompétistes autour de la ville. Encore une fois, le maniement du joystick était trop compliqué. Une fois que vous aviez fait 7 tours autour de la ville, les trompettes jouaient et la ville s'effondrait. J'étais assez content de mon effet de tremblement de terre, qui utilisait les circuits vidéos du CBM64 pour faire trembler tout l'écran.

Je devais quitter les USA au début du mois de Septembre. Les derniers jours furent consacrés uniquement à la finition du jeu, de 8 heures du matin jusqu'à minuit. Je bouclais le projet la veille de mon départ. Je remettais à Félicia une disquette d'installation. Je lui offrait également ma télé, qui n'aurait pas marché en Europe.
 
Je prenais l'avion à Chicago, en me promettant de revenir aux USA. 

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Hélène 02/08/2010 10:35


Excellent de te retrouver à travers ce Blog. Quelle plume !
Hélène


Bertrand 20/05/2010 14:33


Il y a un morceau de la suite sur Nolife Tv... Mais rien de plus ici... dommage !


fabien 16/05/2010 10:25


Bonjour,

Je viens de lire votre blog, je n'ai qu'un mot : CONTINUEZ
Tout ces histoires me rappelent des souvenirs ;-)


Bertrand 03/04/2010 14:55


Viiité ! La suite !